« Les bonnes intentions ne suffisent pas » : analyse d’une politique de santé pour les personnes âgées au Sénégal

Elhadji Mamadou Mbaye, Valery Ridde, Ousseynou Kâ (2013). « Les bonnes intentions ne suffisent pas » : analyse d’une politique de santé pour les personnes âgées au Sénégal. Santé publique, 25, 107–112. [pdf]

Résumé

En 2006, le Sénégal a institué une politique dite le « Plan Sésame », inédite en Afrique de l’Ouest, de réduction de la vulnérabilité sociale des personnes âgées de plus de 60 ans. Cet article analyse le processus de mise en oeuvre du Plan Sésame. La recherche est basée sur une étude de cas unique autorisée par le ministère de la Santé. Elle repose sur des données qualitatives collectées au moyen de trois techniques : i) entretiens individuels (n = 19), ii) groupes de discussion (n = 24), iii) et étude documentaire. Malgré son objectif social, le Plan Sésame s’est finalement limité à l’accès gratuit aux services de santé. Même ce volet sanitaire souffre d’un sous-financement. La dimension politique, la faiblesse de ses mesures d’accompagnement et le manque de personnel conduisent à des retards de remboursements qui entraînent une mise en oeuvre restrictive et des carences financières qui s’ajoutent aux précédentes dettes de l’État vis-à-vis des structures de santé. Si les personnels de santé et les personnes âgées adhèrent à l’idée de la gratuité des soins, ils regrettent néanmoins ses problèmes d’application. Les problèmes de mise en oeuvre du Plan risquent de précipiter sa fin alors qu’il apparaît comme une solution utile. Le faible intérêt des partenaires internationaux pour cette politique, sa revendication nationale et sa forte dimension électorale ne doivent pas empêcher une conception technique rigoureuse et des mesures d’accompagnement anticipées.

Dossier spécial sur la santé mondiale

Dossier spécial du bulletin Recherche CRCHUM sur son axe Santé mondiale.

Créé en 2006, l’axe Santé mondiale du CRCHUM vise à produire des connaissances qui auront un impact au-delà de nos frontières. L’amélioration de l’équité dans l’accès aux soins, le partenariat et le transfert des connaissances sont au cœur de la programmation de recherche et des stratégies d’intervention.

– Source : Bulletin Recherche CRCHUM, Vol. 4 no 2, juin 2012. [html] [pdf]

Conférence le 13 mai à l'USI : Mobilisation de connaissances pour l'amélioration de l'accès aux soins dans le Sahel (Burkina Faso)

– Source : Unité de santé internationale

En 2008, la Direction régionale de la santé du Sahel (Burkina Faso), l’ONG HELP (Allemagne), le bureau d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et le CRCHUM ont établi un partenariat visant l’expérimentation de la suppression du paiement direct des soins pour les populations vulnérables. Alors que le ministère de la santé prépare une politique nationale d’exemption du paiement des soins en faveur des enfants de moins de moins de cinq ans et pour les accouchements, cette présentation propose un bilan pré-final de ce partenariat de transfert des connaissances, en partie à l’origine de ces changements de politiques : i) Synthèse des connaissances produites ; ii) activités et produits de transferts des connaissances ; iii) résultats de capitalisation de ce partenariat.

Ludovic Queuille est le courtier en connaissances d’un partenariat établi par le CRCHUM en 2008 avec l’ONG HELP (Allemagne), la Direction régionale de la santé du Sahel (Burkina Faso) et le bureau d’aide humanitaire de la Commission européenne.

Le lundi 13 mai 2013, de 12 h 00 à 13h 00
Lieu: Unité de Santé Internationale
3875 Saint-Urbain, 5ème étage, salle 5-14
Montréal (Québec) H2W 1V1

Personne-ressource : Berlande Thermitus
Courriel :
514 890-8000 #14133

Une analyse géographique d’une sélection communautaire des indigents au Burkina Faso

Valéry Ridde, Emmanuel Bonnet, Aude Nikiema, Kadidiatou Kadio (2013) A spatial analysis of a community-based selection of indigents in Burkina Faso, 10-19. In Global Health Promotion 20 (1 Suppl). [pdf]

Résumé

Ces dernières décennies le Burkina Faso a amélioré l’accessibilité géographique des centres de santé. Cependant, les patients doivent toujours payer au point de service, excluant ainsi les plus vulnérables de l’accès aux soins. En 2010, 259 comités villageois du district de Ouargaye ont sélectionné 2 649 indigents devant bénéficier de l’exemption du paiement des soins. Les 26 comités de gestion des centres de santé qui financent cette exemption ont retenu 1 097 indigents.

Des méthodes d’analyse spatiale montrent que les comités de gestion ont retenu les indigents qui étaient géographiquement les plus proches des centres de santé, contrairement à la sélection opérée par les comités villageois, laquelle est restée plus diversifiée. Le recours aux comités villageois plutôt qu’aux comités de gestion semble préférable pour la sélection des indigents. Il reste à comprendre si le choix des comités de gestion s’explique par la volonté de maximiser les bénéfices de l’exemption en l’accordant à ceux qui peuvent en profiter, par leur faible connaissance des indigents géographiquement éloignés ou par le fait que certains villages ne sont pas représentés dans les comités.

Évaluation d’une stratégie de transfert des connaissances produites sur un programme d’exemption du paiement des soins pour des populations vulnérables du Burkina Faso

Christian Dagenais, Ludovic Queuille, Valéry Ridde (2013) Evaluation of a knowledge transfer strategy from a user fee exemption program for vulnerable populations in Burkina Faso, 70-79. In Global Health Promotion 20 (1 Suppl). [pdf]

Résumé

Dans le cadre de ce numéro contribuant au développement des connaissances sur la vulnérabilité et la santé en Afrique, le présent article analyse un exemple d’une stratégie de transfert des connaissances (TC) visant à améliorer l’utilisation des résultats de recherches utiles à réduire la vulnérabilité des populations. En effet, depuis septembre 2008, l’ONG HELP expérimente une subvention à 100 % du paiement des soins de santé pour les populations vulnérables de deux districts sanitaires du Burkina Faso. Un partenariat scientifique a été établi afin produire des données probantes concernant l’intervention, et une stratégie de transfert de connaissances a été développée pour favoriser leur utilisation par les parties intéressées (décideurs, intervenants, partenaires financiers, etc.). Les résultats montrent qu’une somme importante d’efforts a été consentie aux activités de TC et qu’ils ont mené à tous les types d’utilisation (instrumentale, conceptuelle, persuasive). Cependant, une variation importante dans l’utilisation d’un milieu à l’autre a été constatée. Des leçons à tirer de cette expérience sont mises au jour.