Cahiers REALISME – Num. 11, Décembre 2016

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Numéro 11, Décembre 2016

L’équité en santé mondiale : qu’en est-il de la fabrique, de la circulation et des conséquences des stéréotypes sur les populations ?

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Auteurs:

  • Patrick Cloos
    M.D., Ph.D., École de travail social, Faculté des arts et des sciences, Université de Montréal, Montréal, Canada.
  • Loubna Belaid
    Ph.D., Centre de Recherche du Centre Hospitalier Universitaire de Montréal, Montréal, Canada

 

Résumé:

La santé mondiale est un vaste champ de savoirs et d’interventions dont l’intérêt porte sur des grands enjeux comme les inégalités sociales transnationales qui affectent toutes les populations dans le monde. La constitution d’un savoir issu de pratiques comparatives entre groupes sociodémographiques est un moyen d’informer l’intervention destinée à ce qui est communément qualifié de communautés. Selon une certaine littérature, les disparités raciales et ethniques sanitaires sont un problème de santé mondiale. Malgré la controverse qui entoure l’usage de la catégorie de race, à laquelle sont souvent associées voire préférées celles d’ethnicité ou encore de culture, certains auteurs jugent que leur mobilisation comme cadre d’analyse reste pertinente pour discuter et rendre compte des iniquités sociales dans le monde. En d’autres mots, ces catégories permettraient d’identifier des groupes et des individus désavantagés sur le plan médico-sanitaire. Ce commentaire vise à discuter la manière dont ces trois catégories sont instrumentalisées par les pratiques sanitaires qui constituent, ensemble, comme cela avait déjà été proposé dans un autre contexte, un système d’opposition et de différence. En d’autres mots, la construction de cette forme de savoir relève de pratiques dans le champ sanitaire qui en viennent à reproduire, renforcer et donner un nouveau sens à la différence dans l’opposition. C’est un ensemble d’opérations qui aboutissent éventuellement à la constitution de stéréotypes à connotation raciale, ethnique voire culturelle. Nos propos s’appuient sur deux recherches ayant été menées aux États-Unis et au Burkina Faso. La première a procédé à une déconstruction du discours de la santé publique américaine et plus précisément des pratiques et des représentations à propos de la catégorie de race. Elle la situe dans son contexte historique et politique. La seconde a observé la circulation de stéréotypes à propos de certaines populations locales au sein des discours de professionnels de santé au Burkina Faso. Elle a aussi permis de discuter des conséquences potentielles de ces stéréotypes sur une politique sanitaire. Plus globalement, dans ce commentaire, nous discutons des conséquences potentielles des stéréotypes sur la santé des populations visées et sur leurs conduites. Enfin, nous cherchons à dégager des moyens de sortir d’un discours qui a tendance à naturaliser la différence et à donner beaucoup de place à la question de la diversité tout en omettant, dans une certaine mesure, la question du racisme et des inégalités sociales et économiques partout présentes.

 

Mots-clé : Burkina Faso, États-Unis, racialisation, santé mondiale, stéréotypes.

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Cahiers REALISME – Num. 10, Septembre 2016

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Numéro 10, Septembre 2016

Notes sur le processus de mise en place d’une plateforme de santé mobile: design, défis et perspectives à venir

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Auteurs:

  • Hamidou Sanou, Etudiant en Master II de Sociologie, option développement Social à l’Université Catholique de L’Afrique de l’Ouest (UCAO). Sociologue au Centre de Recherche en Santé de Nouna, BP 02, Burkina Faso.
  • Maurice Yé, MD, MPH, Candidat PhD à l’Université de Heidelberg/Allemagne. Chef de service Recherche Formation et Communication Centre de Recherche en Santé de Nouna, Burkina Faso. Auteur correspondant : moc.l1544799334iamg@1544799334eciru1544799334amey1544799334
  • Vincent Duclos, PHD, Université MacGill, Montreal, Canada
  • Moubassira Kagoné, candidat PhD, à l’Université de Heidelberg/Allemagne. Socioanthropologue, Msc Assistant de recherche Centre de Recherche en Santé de Nouna.
  • Bicaba Brice, MD, Direction de la lutte contre la Maladie du Ministère de la santé.
  • Idriss Tinto, ingénieur des réseaux informatiques.
  • Ourohiré Millogo, MD, Centre de Recherche en Santé de Nouna, Burkina Faso.
  • Cheik Bagagnan, Informaticien gestionnaire des bases de données, Centre de Recherche en Santé de Nouna, Burkina Faso.
  • Pascal Zabré, Démographe, chef de service SSDS au Centre de Recherche en Santé de Nouna.
  • Ali Sié, MD, PhD, Directeur du Centre de Recherche en Santé de Nouna, Burkina Faso.
  • Giles Bibeau, PHD, Professeur de socio-anthropologie, Hôpital Sainte Justine de Montréal, Canada.

 

Résumé:

Contexte : Les taux de mortalité maternelle, néonatale et infantile et de morbidité dans les pays à faible revenu restent élevés et représentent la source principale d’iniquité en matière de santé. Pour faire face à ces défis, les technologies de l’information et de la communication (TIC) semblent offrir un potentiel en rapprochant l’information sanitaire des populations. Les projets pilotes de santé-mobile ont démontré, particulièrement dans les pays à faible revenu, qu’ils améliorent l’offre en matière d’information, un accès à distance aux services de santé et facilite la formation continue. Cependant, l’impact de la santé mobile dans les pays à faible revenu demeure relativement peu étudié. Selon l’OMS, dans un monde numérique, la cybersanté constitue une option fort intéressante pour les pays en développement. La présente étude décrit le processus de développement d’une plateforme santé mobile, les défis liés à sa mise en oeuvre et sa contribution pour l’amélioration des soins de santé maternels, infantiles et ceux des personnes vivant avec le VIH.
Méthodes : Il s’agit d’une étude descriptive transversale de mi-parcours du processus de développement de la plateforme santé-mobile mais également du processus de suiviévaluation du projet après 24 mois de mise en oeuvre. Elle s’inscrit dans le cadre global d’une recherche interventionnelle avec un bras d’intervention dans 5 CSPS comparé à un bras control dans 5 autres CSPS choisis de façon aléatoire dans les 18 CSPS de l’observatoire de surveillance démographique et de santé de Nouna. L’intervention a consisté à doter des relais communautaires de téléphones mobiles d’une part pour recevoir des messages de rappels des rendez-vous de visite et d’autre part l’équipement des CSPS d’ordinateurs portables équipés de logiciel d’enregistrement des données. L’ensemble de la technologie constitue une plateforme interactive vocale qui interconnecte les CSPS, les relais communautaires avec un server centralisé de gestion des clients et de rappels automatisés des rendez-vous de consultation.
Résultats : Sur le plan de l’innovation technologique, le projet santé-mobile a été développé à partir de logiciel libre dont la plateforme est axée sur un système de communication interactive (IVR) basée sur les technologies mobiles d’un fournisseur national. Un système interactif vocal et de rappel automatisé des rendez-vous de consultation a été conçu en s’inspirant des directives et algorithmes de suivi des femmes enceintes, des enfants et des PVVIH validés par le Ministère de la santé du Burkina Faso. D’autres applications développées et déployées comprennent un module de gestion des patients installés dans des centres de santé dotés d’ordinateurs, un système interactif vocal de gestion des patients et de rappel des dates de visites. Des défis ont néanmoins été notés parmi lesquels le faible débit de connexion internet pour la synchronisation des données ; les dommages de plus de 65% des téléphones et 21% des systèmes de recharge solaire.
Conclusion : La contribution de la santé-mobile de nos jours à l’accès à l’information sanitaire est indéniable. Toutefois, il convient d’intégrer les défis liés à cette technologie au début d’un éventuel projet.

 

Mots-clé : Santé-mobile, mHealth, cybersanté, Nouna, Burkina Faso.

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Cahiers REALISME – Num. 9, Août 2016

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Numéro 9, Août 2016

Comprendre les politiques publiques pour mieux les influencer

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Auteurs:

  • Valéry Ridde, PhD
    Institut de Recherche en Santé Publique de l’Université de Montréal, (IRSPUM), École de Santé Publique de l’Université de Montréal (ESPUM), Montréal, Canada
  • Daniel Béland, PhD
    Johnson-Shoyama School, Université de Saskatoon, Saskatchewan, Canada
  • Anthony Lacouture, doctorant
    École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP), Rennes, France et École de Santé Publique de l’Université de Montréal (ESPUM), Montréal, Canada

Résumé:

L’unité chargée de la question des déterminants sociaux de la santé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) centre son activité sur trois domaines, dont celui de l’amélioration des capacités des pays à réaliser des politiques nationales fondées sur des actions intersectorielles. Ce texte vise à montrer aux professionnels de promotion de la santé qu’ils peuvent, eux aussi, avoir un rôle à jouer, tant au plan national que local, pour que les politiques publiques se préoccupent davantage des déterminants sociaux de la santé. En effet, au-delà de l’importance de l’usage des données issues de l’évaluation et de la recherche en promotion de la santé, il est aussi indispensable de pouvoir influencer le processus des politiques publiques. Or, comme l’a encore rappelé la Commission de l’OMS en 2008, la (re)distribution des ressources est au coeur de toute politique publique souhaitant s’attaquer aux inégalités sous-jacentes des déterminants sociaux de la santé. On ne reviendra pas ici sur la définition de ce concept, mais force est de constater que leur prise en compte dans les politiques publiques, pourtant une des stratégies phare de la promotion de la santé, reste rare. Ainsi, la contribution à l’élaboration de politiques publiques favorables à la santé doit nécessairement faire partie des compétences des promoteurs de la santé. Ce texte vise donc à répondre au besoin en formation. Il part de l’hypothèse que « construire des capacités en analyse de politiques est essentiel pour saisir les opportunités d’influencer le processus des politiques publiques » (Breton, Richard, Gagnon, Jacques, & Bergeron, 2008). Mais pour être en mesure d’atteindre cet objectif, il nous semble essentiel de maitriser les concepts, approches et théories qui permettent, non seulement d’analyser les politiques publiques, mais surtout d’agir en faveur de leur mise en oeuvre. À partir d’une synthèse des écrits les plus importants et pertinents du domaine, il s’agira donc de présenter quelques-unes des notions essentielles à cet égard et de discuter certains exemples empiriques de leur mobilisation. Dans une première partie, nous expliciterons pourquoi il demeure essentiel d’agir. Dans la deuxième partie, nous partagerons quelques éléments clefs pour aider les professionnels de promotion de la santé à mieux comprendre les politiques publiques, car, évidemment, la compréhension initiale est consubstantielle aux possibilités d’actions ultérieures en matière d’inégalités de santé. Ainsi, dans la troisième partie du texte, nous montrerons comment il est possible d’agir
en mobilisant les concepts et notions présentés préalablement.

 

Mots-clé : politiques publiques, théories, santé publique, données probantes, inégalités.

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Cahiers REALISME – Num. 8, July 2016

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Number 8, July 2016

The under-exploited potential of civil society in improving maternal health in Cameroon

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Author:

Christelle Cazabat

Email: moc.o1544799334ohay@1544799334tabaz1544799334ac.el1544799334letsi1544799334rhc1544799334
University Paris-Sorbonne, Paris, France
Ecole Doctorale « Civilisations, Cultures, Littératures et Sociétés »

 

Abstract:

The objective of this paper is to assess the potential of a greater involvement of civil society in national strategies to improve maternal health in Cameroon. Health is generally seen as the responsibility of the government, but contributions from civil society can accelerate progress and complement governmental initiatives in countries where resources are limited. Cameroon, a lower-middle income country in Central Africa, was chosen as an example for its prosperous civil society and challenging maternal health situation.

The maternal mortality rate suffered the most catastrophic evolution of all development indicators in Cameroon with a 82% increase over the past twenty years. The following determinants can be linked to most maternal deaths: lack of health infrastructures and of quality health personnel, governance issues, poverty, harmful cultural practices, physical violence against women, aggravating diseases such as HIV/AIDS or malaria and lack of access to water and sanitation. Maternal health indicators, such as the percentage of births assisted by skilled attendants or of mothers receiving prenatal care, are lower in the Far North, North, Adamawa, East and South regions and in rural areas all over the country. The government and its international partners have launched several pilot initiatives to improve the situation in recent years, but their efforts are insufficient in view of national needs.

As part of a PhD research for the University of the Sorbonne, a study on the role of civil society in development led to the construction of an original database of 398 organizations working on development in Cameroon. This database, completed by a literature review and by interviews with institutional and civil society stakeholders, served to identify potential civil society partners to improve maternal health in Cameroon.

Opportunities exist to launch new partnerships between the Cameroonian government, its international partners and civil society in areas related to maternal health. The government and its partners have officially recognized the role of civil society in development and pledged to collaborate more actively with non-governmental organizations. However, past experiences in similar projects have highlighted recurring obstacles, such as civil society’s limited financial and technical resources.

In the context of the new Sustainable Development Goals adopted in September 2015 by the government of Cameroon, a greater involvement of civil society in maternal health strategies seems inevitable. Identifying the most promising areas for collaboration and working to address the obstacles that may stand in the way will be key to reducing the maternal mortality rate by 2030.

Keywords : Africa, Cameroon, Civil Society, Non-governmental Organizations, Maternal Health, Gender, International Development.

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Cahiers REALISME – Num. 7, Mai 2016

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Numéro 7, Mai 2016

Apport potentiel de l’Assurance Maladie Universelle face à l’exposition aux risques de santé au Burkina Faso : une étude en méthode mixte

Cahiers realisme Numero 7 - Mai20161
Auteurs:

  • Isabelle Agier, PhD – Institut de Recherche en Santé Publique de l’Université de Montréal, (IRSPUM), Montréal, Canada. Correspondance: moc.l1544799334iamg@1544799334reiga1544799334elleb1544799334asi1544799334
  • Sylvie Zongo, PhD – Institut des Sciences des Sociétés du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (INSS/CNRST), Ouagadougou, Burkina Faso.
  • Kadidiatou Kadio, M. Sc. – Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS/CNRST), Ouagadougou, Burkina Faso.
  • Antarou Ly, M. Sc. – Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS/CNRST), Ouagadougou, Burkina Faso.
  • Seni Kouanda, PhD – Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS/CNRST), Ouagadougou, Burkina Faso
  • Valéry Ridde, PhD – Institut de Recherche en Santé Publique de l’Université de Montréal, (IRSPUM), École de Santé Publique de l’Université de Montréal (ESPUM), Montréal, Canada.

 

Résumé:

Introduction: Les aléas financiers auxquels font face les ménages en Afrique de l’Ouest impliquent des dépenses importantes au niveau de la santé, mais également dans d’autres domaines. Une loi instituant le régime d’assurance maladie universelle a été voté en 2015 au Burkina Faso. Cet article montre comment la mise en place de cette Assurance Maladie Universelle (AMU) peut permettre de réduire l’incertitude qui pèse sur les finances des ménages et, par extension, offrir une protection financière aux plus vulnérables.
Méthodes: Nous adoptons un devis mixte de type exploratoire séquentiel (Qual QUANT) et appliquons les critères de Mixed Methods Appraisal Tool (MMAT). Dans une première étape qualitative, des entretiens avec les responsables de services financiers destinés aux ménages et des groupes de discussion les ménages, nous ont permis de développer les outils de mesure (scénarios, mises en situations, …) nécessaires à l’appréhension des concepts étudiés par le biais de l’expression de situation quotidienne où ils sont mis en pratique ainsi que par des mises en situation hypothétiques. La seconde étape a consisté à quantifier i) l’exposition à chaque type de risque, ii) les stratégies pour y faire face a priori et iii) celles a posteriori, et collecter le profil des répondants. Pour chacune des thématiques, les résultats quantitatifs et qualitatifs sont présentés de façon intégrée. Une description qualitative aborde en profondeur la thématique considérée, puis une quantification du phénomène est présentée sous forme d’une régression afin d’analyser les effets des aléas subits par les ménages par le prisme de l’équité.
Résultats: L’AMU peut réduire l’incertitude d’abord de façon directe car la santé est le type d’imprévu le plus important auquel font face les ménages. Ensuite parce que les stratégies de gestion a priori des imprévus (épargne en animaux ou de vivres) sont également soumises à des incertitudes (perte ou vol) en particulier pour les ménages ruraux et les plus modestes. Enfin, les stratégies de gestion a posteriori (emprunts ou dons) soumettent les plus modestes à une dépendance envers les plus aisées. L’AMU a donc un effet potentiel important en termes d’équité.
Discussion: L’AMU aurait donc un effet sur l’équité en réduisant la double incertitude maladie/épargne non sécurisés qui pèse plus fortement sur les ménages modestes et ruraux, la dépendance des plus vulnérables aux dons ou d’emprunt qui peuvent entrainer un premier retard de recours au soin. Cependant, les défis de mise en œuvre sont de taille, notamment en ce qui concerne la progressivité des contributions et la sensibilisation auprès d’une population faiblement exposée aux outils de protection financière. Une combinaison de plusieurs types de financement semble être inévitable mais requière une attention particulière quant à l’efficacité de la gestion administrative. La coordination des sources de financement doit également inclure les financements internationaux.

 

Mots-clé : Assurance maladie universelle, exposition aux risques, stratégies de gestion des risques, Burkina Faso.

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Cahiers REALISME – Num. 1, Novembre 2015

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Numéro 1, Novembre 2015

Recours aux soins gratuits en Afrique subsaharienne : Une revue réaliste

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Auteurs:

  • Emilie Robert, PhD. – Division de psychiatrie sociale et transculturelle, Université McGill, Équipe de recherche et d’intervention transculturelles (ERIT), CSSS de la Montagne, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM). Correspondance: moc.l1544799334iamg@1544799334medu.1544799334trebo1544799334reili1544799334me1544799334
  • Oumar Mallé Samb, PhD. – Centre de recherche Hôpital Charles-Le Moyne, Université Sherbrooke, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM).
  • Bruno Marchal, PhD. – Health Services Management unit, Institut de médecine tropical d’Anvers.
  • Valéry Ridde, PhD. – École de santé publique d’Université de Montréal (ESPUM), Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal (IRSPUM).

 

Résumé:

Contexte: Afin d’améliorer l’accès aux soins, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ont décidé d’assurer la gratuité de certains soins au point de service, pour certaines populations. De nombreuses études ont été menées sur ces politiques d’exemption des paiements directs des soins (PEP) et quelques tentatives de synthèse ont eu lieu, avec un succès mitigé. L’objectif de l’étude est de comprendre comment ces politiques permettent d’améliorer l’accès aux soins, dans quels contextes, pour quelles populations, et par quels mécanismes, en utilisant ce corpus de connaissances.
Méthodes: Nous avons utilisé une forme nouvelle de synthèse des connaissances, appelée la revue réaliste. Elle vise à ouvrir la « boîte noire » d’une intervention en tâchant de comprendre comment le contexte influence un certain nombre de mécanismes pour produire des effets. Il s’agit donc de relever, dans les écrits, les tendances dans les interactions entre contexte, mécanismes et effets, sous la forme de configurations. Ces configurations contribuent au développement d’une théorie de moyenne portée. Cette revue s’est déroulée en six étapes : 1) développer la théorie de moyenne portée initiale; 2) préciser la question de recherche; 3) rechercher les études empiriques; 4) évaluer la qualité des études sélectionnées, 5) extraire et synthétiser les données; 6) préciser la théorie.
Résultats: Selon la théorie initiale, la gratuité des soins au point de service est une ressource contribuant à renforcer le pouvoir d’agir des usagers. Ce pouvoir d’agir est également influencé par des facteurs structurels, locaux et individuels qui agissent sur la « capabilité » des usagers de se saisir de cette ressource, et de faire le choix de recourir aux services de santé gratuits. Cette théorie a été mise à l’épreuve des données empiriques issues de 69 documents concernant dix pays d’Afrique subsaharienne. La synthèse de ces données a mis en lumière trois mécanismes essentiels dans le choix des usagers de recourir aux services de santé gratuits : la confiance, l’acceptabilité, et la reconnaissance du risque. Ils sont au cœur de la théorie réaliste du recours aux soins de santé que nous proposons.
Conclusion: À notre connaissance, cette étude est la première à synthétiser, de manière systématique et dans une visée de théorisation, les études sur les PEP en Afrique subsaharienne. Ce processus a permis de faire émerger des propositions pour comprendre comment les PEP fonctionnent. Ces propositions reposent sur des fondements épistémologiques, méthodologiques et empiriques solides.

 

Mots-clé : revue réaliste, accès aux soins, paiements directs des soins, Afrique subsaharienne, politique de santé internationale.

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